Présentation
Historique
Les Hommes
Adhérer au BNVCA
Nous contacter

Faire un don

Domaines d'intervention
Procédures d'intervention
Formulaire de déclaration
Formulaire Média

Communiqués

Anciens Communiqués

Verbe et Lumière
Centre Simon Weisenthal
U P J F
Fondation du Judaïsme Français
Union des CCJ (IDF)




COMMUNIQUÉS
19/04/2002

Journal le Monde Le Nombre d'agressions antisemites a brutalement augmenté ces dernieres semaines
Le nombre d'agressions antisémites a brutalement augmenté ces dernières semaines Piotr Smolar LE MONDE 19 Avril 2002 Entre le 29 mars et le 17 avril, la police a recensé 395 faits, allant des graffitis aux agressions. Un conseil interministériel devait se réunir, jeudi, pour faire le point sur la prévention et la répression. Cette fois, impossible d'évoquer des "actes isolés" ou une simple "recrudescence" : il s'agit bien d'une vague. Depuis près de trois semaines, le nombre d'actes antisémites recensés en France par les services de police atteint des proportions considérables. Entre le 29 mars et le 17 avril, 395 faits antisémites ont été enregistrés, indique-t-on de source policière. Détail important concernant leur gravité : 63 % de ces faits concernent des inscriptions antisémites, qui peuvent valoir des condamnations à de la prison ferme. Seize cas d'agressions physiques et 14 cas d'incendie ou de tentatives d'incendie contre des lieux de culte juifs ont été constatés. Autre chiffre permettant de constater l'aggravation brutale de la situation depuis le début de l'année : selon les renseignements généraux, entre le 1er janvier et le 2 avril, 34 actes antisémites graves ont été commis, contre 5 pour la même période en 2001. Pour mesurer l'ampleur de cette vague, il faut la mettre en perspective avec les constats dressés récemment par les organisations juives sur des périodes plus longues. Le 1er décembre 2001, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) faisait état de 330 actes d'hostilité commis contre des juifs entre le 9 septembre 2000 et le 20 novembre 2001. Le 12 mars, le Livre blanc de l'Union des étudiants juifs de France et de SOS-Racisme avançait le chiffre de 405 actes antijuifs, allant des graffitis aux agressions physiques, constatés entre le 1er septembre 2000 et le 31 janvier 2002. Soit presque autant, en dix-sept mois, qu'au cours des trois semaines qui viennent de s'écouler. " Aujourd'hui, il devient presque impossible de tenir un registre des actes antijuifs, affirme Patrick Klugman, président de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF). On ne s'en prend pas aux institutions et à ses représentants, au CRIF ou à l'UEJF, mais aux juifs en général. C'est une chose inédite en France depuis bien longtemps : un ressentiment public contre les juifs s'exprime au grand jour." Le lien avec la tournure dramatique prise par le conflit israélo-palestinien apparaît clairement. En 1999, on avait recensé 69 actes à caractère antisémite en France ; ce chiffre est monté jusqu'à 743 en 2000, au moment de la deuxième Intifada. Ce lien avec le Proche-Orient sert souvent sinon d'excuse, tout au moins d'explication aux actes commis, de sorte que la profanation, par exemple, de cimetières juifs ne provoque plus vraiment d'indignation sauf très localement. Vendredi 12 avril, par exemple, des inscriptions antisémites étaient découvertes dans un cimetière juif du quartier de Cronenbourg, à Strasbourg. Des croix gammées et des insultes à caractère raciste avaient été tracées sur une vingtaine de tombes et sur un mur. Un autre cimetière juif de ce même quartier avait été profané une semaine plus tôt. La géographie des faits recensés par les services de police et de gendarmerie est sans surprise. Il s'agit des grandes zones urbaines, notamment l'Ile-de-France, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) ou encore l'Alsace. Néanmoins, lorsqu'on se penche sur les décisions de justice ayant suivi le constat de ces faits antisémites, on s'aperçoit que la plus forte condamnation prononcée a eu pour cadre la Haute-Savoie. Deux hommes de 36 et 32 ans, arrêtés alors qu'ils inscrivaient des slogans antisémites et pro-palestiniens sur la façade d'un hôtel de Bonneville, ont été respectivement condamnés, le 7 avril, à deux ans et trois mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de la ville. Une autre personne, âgée de 31 ans, a été condamnée le 2 avril à trois mois de prison ferme pour dégradation volontaire dans une synagogue de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). Au total, indique la police nationale, 72 personnes ont été interpellées pour des actes antisémites au 17 avril, parmi lesquelles 16 ont été écrouées. L'ensemble des décisions de justice devait être évoqué, jeudi 18 avril, lors d'un conseil interministériel. Le premier ministre Lionel Jospin devait réunir autour de lui le ministre de l'intérieur Daniel Vaillant, le ministre de la défense Alain Richard, la ministre de la justice Marilyse Lebranchu et la ministre de la jeunesse et des sports Marie-George Buffet. Deux thèmes se trouvaient au menu : le plan de renforcement du contrôle des armes et le dispositif de lutte contre les actes antisémites. Le conseil devait dresser un bilan des mesures policières prises pour contrecarrer la montée des actes antijuifs ainsi que des poursuites judiciaires contre leurs auteurs. Une circulaire adressée début avril aux procureurs de la République et aux procureurs généraux les invitaient à la plus grande fermeté en matière d'actes antisémites. Une initiative locale, en banlieue parisienne, témoigne de la tournure inquiétante prise par la vague antijuive. Le Conseil des communautés juives de Seine-Saint-Denis (CCJ93) a mis en place, le 28 mars, un numéro d'appel pour recueillir plaintes et témoignages. "On a reçu 150 appels en deux semaines, explique Sammy Ghozlan, président du CCJ93. On recommande aux gens de porter plainte car les pouvoirs publics, aujourd'hui, prennent cela au sérieux. On vit vraiment dans la psychose. Certains rabbins conseillent même de ne pas porter la kippa. Nos synagogues sont désertées et les parents ont peur d'envoyer leurs enfants à l'école." Piotr Smolar

Vous pouvez agir en effectuant un don au BNVCA.

Pour cela cliquez sur le bouton Reçu Cerfa



© Bureau National de Vigilance Contre L'Antisémitisme 2007